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80 ans de Peuple et Culture – Témoignage de Jean-Luc Menu, acteur de l’international et de la transmission

À l’occasion des 80 ans de Peuple et Culture, Jean-Luc Menu, figure clé du développement international du mouvement, revient sur son parcours et son engagement. Arrivé à Peuple et Culture dans les années 1980, il a contribué à l’essor de l’association en Languedoc-Roussillon, puis à Paris, en développant des liens avec l’Allemagne, les Balkans, l’Afrique du Nord et au-delà. Son témoignage éclaire l’évolution de Peuple et Culture, ses principes, et les défis de la coopération internationale dans un réseau marqué par la diversité des territoires et des générations.

L’arrivée à Peuple et Culture : un héritage à construire

Jean-Luc rejoint Peuple et Culture à Montpellier, une quarantaine d’années après sa création. Il arrive dans un contexte où l’association, fondée en Languedoc-Roussilon sous le nom de « Peuple et Culture en Languedoc Roussillon » (PEC LR), est en pleine reconstruction. Le fondateur, René Monségur, l’invite à développer des partenariats franco-allemands, puis à élargir l’horizon international de l'association. Issu du cinéma et sans expérience associative, Jean-Luc se forme sur le terrain, aux côtés des « mousquetaires » de Monségur : Richard Macia, Daniel Alvergnat, et d’autres, chacun spécialisé dans un domaine (formation audiovisuelle, travail social, etc.).

L’internationalisation de PEC : de l’Europe aux Balkans

Jean-Luc devient le premier chargé de mission international de Peuple et Culture au niveau national. Son rôle est d’abord franco-allemand, mais il s’étend rapidement à d’autres pays, notamment après la chute du mur de Berlin. Il se retrouve au cœur des enjeux post-guerre dans les Balkans, où il organise des formations et des échanges entre jeunes de Serbie, Bosnie, Croatie, etc.

Moments marquants :

  • Les Balkans : Après la guerre, Jean-Luc travaille pendant 10 ans à la reconstruction des liens entre les communautés, en s’appuyant sur des formations et des échanges culturels. Il insiste sur l’importance de l’écoute et de la réciprocité, plutôt que sur une « pédagogie de la paix » imposée.
  • L’Afrique du Nord : Peuple et Culture développe des projets avec l’Algérie et la Tunisie, centrés sur la formation des travailleurs sociaux et l’échange de pratiques entre la France et les pays du Maghreb.
  • L’Europe de l’Est : Après 1989, Peuple et Culture s’ouvre aux pays de l’ex-bloc soviétique, avec des missions en Pologne, République tchèque, et Géorgie.

« On n’est pas venus pour leur parler de paix, mais pour les aider à sortir du bourbier et à reconstruire leurs propres projets. »

Transmettre et innover : l’héritage en mouvement

Pour Jean-Luc, la force de Peuple et Culture tient à deux piliers : la transmission et l’adaptation. Il a formé des dizaines de stagiaires, aujourd’hui acteur·trice·s clés du réseau, prouvant que l’éducation populaire se construit par le passage de relais. « La transmission fonctionne encore », se réjouit-il.

Mais il alerte aussi : « Si on ne s’adapte pas, c’est la mort du petit cheval. » Certaines associations locales ont disparu en restant trop figées. Pour lui, l’avenir de Peuple et Culture dépend de sa capacité à intégrer de nouveaux partenaires, à s’ouvrir aux petites structures, et à répondre aux réalités changeantes des territoires.

Son message aux jeunes ? « Continuez comme ça. » Car Peuple et Culture a su allier fidélité à ses principes et son audace. « On ne peut pas être plus contents de voir que ça perdure »— à condition de rester en mouvement.

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